28 mai 2026 — Jérémy D.
Lexique du booking et du spectacle vivant : 60 termes à connaître
Un programmateur vous parle de « plein », de « cession » et de « défraiement », et vous hochez la tête sans tout comprendre. Un régisseur vous demande votre « patch » et votre « plan de feu », et vous improvisez. Pas de honte : le spectacle vivant a son jargon, et personne ne vous l’apprend à l’école.
Le problème, c’est que mal comprendre ce vocabulaire vous fait passer pour un amateur, et parfois signer des conditions que vous regrettez. Ce lexique réunit les 60 termes essentiels du booking et du spectacle vivant, expliqués sans jargon, pour que vous parliez d’égal à égal avec les pros. Gardez-le sous le coude.
Régie, plateau, façade, retours : le vocabulaire technique fait partie du métier autant que la musique.
L’argent et les contrats
Le bloc le plus important, celui qui décide de ce que vous gagnez et de ce que vous signez.
- Cachet : la rémunération brute de l’artiste pour une prestation. Souvent exprimée par musicien et par date. Pour savoir combien demander, voyez fixer son cachet.
- Net / brut : le cachet brut inclut les cotisations sociales ; le net est ce que vous touchez réellement. Demandez toujours si un montant est brut ou net : l’écart est important.
- Défraiement : le remboursement de vos frais (transport, repas, hébergement), distinct du cachet. « Cachet + défraiements » est la formule normale en tournée. Tout est détaillé dans négocier son cachet et ses conditions.
- Contrat de cession : l’organisateur « achète » votre spectacle pour un prix fixe et assume le risque de billetterie. C’est le contrat le plus protecteur pour l’artiste. Voyez le contrat de cession expliqué.
- Contrat de coréalisation : organisateur et artiste partagent les recettes (et le risque) selon une clé définie. Plus risqué, mais potentiellement plus rémunérateur si la salle se remplit.
- Contrat d’engagement : le lieu vous embauche directement comme salarié intermittent pour la date. Fréquent en bar et en petite structure.
- Minimum garanti (MG) : un montant plancher garanti à l’artiste, complété éventuellement par un pourcentage de billetterie au-delà d’un seuil.
- GUSO : le Guichet Unique du Spectacle Occasionnel. Il permet à un organisateur non professionnel (mairie, comité des fêtes, bar) de vous employer légalement en une seule démarche. Incontournable, expliqué dans SACEM, GUSO et facturation.
- SACEM : la société qui collecte et redistribue les droits d’auteur. L’organisateur déclare le concert ; vous touchez des droits si vos compositions sont jouées.
- Intermittence du spectacle : le régime d’assurance chômage spécifique aux artistes et techniciens, basé sur un nombre d’heures (cachets) sur une période. Le guide complet : devenir intermittent.
- Billetterie / part : la recette des entrées. En coréalisation, votre « part » en est un pourcentage.
- CNM : le Centre National de la Musique, qui collecte une taxe sur les spectacles et redistribue des aides. Voyez les subventions musique.
Les acteurs du milieu
Qui fait quoi. Savoir à qui vous parlez change votre approche.
- Programmateur·trice : la personne qui décide qui joue dans un lieu ou un festival. Votre interlocuteur n°1 en démarchage. Pour le comprendre, lisez comprendre le programmateur.
- Tourneur / booker : le professionnel qui démarche les dates et monte les tournées pour un artiste. Quand on débute, c’est souvent vous-même : tourneur ou se booker soi-même ?.
- Agent / agent artistique : gère la stratégie scénique d’un artiste à plus haut niveau, souvent en lien avec les tourneurs.
- Manager : s’occupe de la stratégie globale de carrière (artistique, business, image), au-delà des seules dates.
- Régisseur·euse : le ou la responsable technique du concert côté salle (son, lumière, plateau). Votre allié le soir J.
- Attaché·e de presse : met en relation l’artiste avec les médias. Voyez le communiqué de presse musicien.
- Label : structure qui produit et diffuse les enregistrements. De moins en moins indispensable pour vivre de la musique sans label.
La technique et le plateau
Le vocabulaire qui vous évite de passer pour un débutant à la balance.
- Balance / soundcheck : le réglage du son avant le concert, sur scène, avec le régisseur. Arrivez préparé.
- Line-check : vérification rapide que chaque source (micro, instrument) arrive bien en régie, quand il n’y a pas le temps pour une vraie balance.
- Fiche technique / rider : le document qui liste vos besoins techniques (matériel, scène, son, lumière). Indispensable et souvent réclamé. Le guide : le rider technique.
- Backline : les instruments et amplis « lourds » (batterie, amplis guitare/basse) fournis sur place ou apportés par l’artiste.
- Patch : la liste numérotée de toutes les entrées son (quel micro/instrument sur quelle voie de la console).
- Plan de feu / plan de scène : le schéma de placement des musiciens et du matériel sur le plateau.
- Façade / FOH : le son diffusé vers le public (Front Of House), géré depuis la régie en salle.
- Retours / monitors : les enceintes (ou oreillettes) qui vous renvoient le son sur scène pour vous entendre jouer.
- Plateau : la scène elle-même, et tout ce qui s’y passe côté organisation.
- Loge : la pièce où l’artiste se prépare et se repose avant et après le concert.
- Catering : la restauration et les boissons prévues pour l’équipe artistique le jour du concert.
- Load-in / load-out : le déchargement (arrivée) et le rechargement (départ) du matériel. Des horaires à connaître pour votre planning.
- Feuille de route / roadbook : le document qui récapitule tout le déroulé d’une date : horaires, adresse, contacts, conditions. Modèle dans la feuille de route concert.
Tête d’affiche, première partie, jauge, plein : le vocabulaire de la programmation décide de votre place sur l’affiche.
Le démarchage et la programmation
Les termes qui reviennent dès que vous cherchez des dates.
- EPK (Electronic Press Kit) : votre dossier de presse numérique : bio, photos, liens, vidéos, presse. La carte de visite du démarchage. Le guide : créer son EPK.
- Line-up : la liste des artistes programmés sur un événement ou une soirée.
- Tête d’affiche : l’artiste principal d’une soirée, celui qui passe en dernier et attire le public.
- Première partie : l’artiste qui ouvre pour la tête d’affiche. Une porte d’entrée précieuse : décrocher une première partie.
- Jauge : la capacité d’accueil d’un lieu (nombre de spectateurs). Détermine le cachet et le type de programmation.
- Plein (exclusivité géographique) : une clause qui vous interdit de jouer dans un périmètre et une fenêtre de temps autour d’une date, pour ne pas « diluer » le public. Fréquent en festival et en salle.
- Saison : la période de programmation d’un lieu (souvent septembre → juin), bouclée des mois à l’avance.
- Appel à candidatures / appel à projets : une procédure datée par laquelle un lieu ou festival recueille les candidatures. Hors délai = hors course.
- Showcase : un concert court (20-30 min) destiné aux professionnels (programmateurs, médias), typiquement sur un salon pro comme le MaMA ou les Trans.
- Résidence : une période d’accueil dans un lieu pour créer, répéter ou finaliser un spectacle, parfois rémunérée. Voyez la résidence artistique.
- Capacité d’attraction : combien de personnes peuvent venir vous voir. Un critère clé pour un programmateur qui doit remplir sa salle.
Les lieux et les réseaux
Les structures qui composent le paysage du live en France.
- SMAC : Scène de Musiques Actuelles, lieu labellisé par l’État, équipé et accompagnant les artistes. L’annuaire dédié : les SMAC de France.
- Scène conventionnée : un lieu soutenu par les pouvoirs publics autour d’un projet artistique défini.
- MJC / centre social : Maison des Jeunes et de la Culture, pilier du circuit associatif et alternatif.
- Centre culturel / théâtre municipal : structure publique programmant une saison annuelle. Voyez programmer un concert en centre culturel.
- Café-concert / bar-concert : le maillage le plus dense, point de départ de la plupart des artistes : le booking en bar.
- Comité des fêtes : association de bénévoles organisant les festivités d’une commune : concerts d’été en mairie et comité des fêtes.
Pourquoi ce vocabulaire change votre démarchage
Maîtriser ces mots, ce n’est pas du chichi. C’est ce qui fait qu’un programmateur vous prend au sérieux dès le premier échange. Quand vous écrivez « je propose une cession à X €, je fournis ma fiche technique et je suis autonome en backline », vous parlez la langue du métier. Vous passez de « groupe qui cherche à jouer » à « projet avec lequel c’est simple de travailler ».
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En résumé
Le spectacle vivant a son langage, et le maîtriser fait partie du métier au même titre que jouer juste. Gardez ce lexique en favori : la prochaine fois qu’un programmateur ou un régisseur emploie un terme, vous saurez exactement de quoi il parle, et vous répondrez comme un pro. C’est souvent ce petit détail qui fait la différence entre un email ignoré et une date signée.