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25 mars 2026 — Jérémy D.

Comment créer un EPK qui donne envie aux programmateurs

Vous envoyez un email de démarchage à un programmateur. Il clique sur votre lien. Et là, il tombe sur… rien de convaincant. Une page Facebook pas à jour, un Dropbox en bazar, ou pire, un PDF de 15 Mo qui ne s’ouvre même pas.

Votre EPK (Electronic Press Kit), c’est votre carte de visite augmentée. C’est le document qu’un programmateur va parcourir en 30 secondes pour décider si vous méritez un créneau dans sa programmation. 30 secondes. Pas cinq minutes.

Voici comment construire un EPK qui travaille pour vous.

C’est quoi un EPK, concrètement ?

Un EPK, ou Electronic Press Kit, c’est un dossier de présentation numérique qui regroupe tout ce qu’un programmateur a besoin de savoir sur vous. Pensez-y comme un dossier artistique version condensée, optimisé pour le digital.

Ce n’est pas un CV. Ce n’est pas non plus une biographie exhaustive de votre parcours musical depuis vos premiers cours de guitare à 12 ans. C’est un outil de vente. Court, visuel, et qui va droit au but.

Les 7 éléments indispensables

1. Une bio courte et percutante

Pas trois paragraphes. Pas votre parcours depuis le conservatoire. 3 à 5 lignes qui répondent à trois questions :

  • Qui êtes-vous ?
  • Quel est votre son ?
  • Pourquoi on devrait vous programmer ?

Mauvais exemple : “Formé au conservatoire de Lyon en 2008, le groupe a traversé plusieurs phases musicales avant de trouver son identité en 2015…”

Bon exemple : “Duo electro-folk basé à Lyon. Des boucles minimalistes, une voix brute et des textes en français. 80 dates en 2025, dont les Francofolies et le Printemps de Bourges.”

Vous voyez la différence ? La deuxième version donne envie d’écouter. La première donne envie de passer au mail suivant.

2. Des photos professionnelles

Minimum deux photos : une photo portrait/groupe et une photo live. Pas de selfies, pas de photos floues prises au smartphone dans un bar sombre.

Investissez dans un shooting pro. Ça coûte entre 150 et 400 euros, et ça change radicalement la perception de votre projet. Un programmateur juge aussi avec les yeux — si vos photos sont amateurs, il supposera que vos concerts le sont aussi.

Format : haute résolution (300 dpi minimum), en paysage et en portrait. Les programmateurs ont besoin des deux selon leurs supports de communication.

3. Des liens vers votre musique

Pas de fichiers MP3 en pièce jointe. Des liens cliquables vers :

  • Spotify, Deezer ou Apple Music
  • Bandcamp ou SoundCloud
  • Votre dernier single ou EP

Mettez vos meilleurs morceaux en avant. Le programmateur ne va pas écouter votre discographie complète. Il va cliquer sur le premier lien, écouter 30 secondes, et décider.

4. Une vidéo live

C’est l’élément le plus important de votre EPK. Et de loin.

Un programmateur veut savoir ce que ça donne sur scène. Un clip bien produit, c’est joli, mais ça ne lui dit pas comment vous tenez une salle. Ce qu’il veut voir :

  • La qualité de votre son live
  • Votre présence scénique
  • La réaction du public

Pas besoin d’un budget vidéo à 5 000 euros. Une captation propre, avec un bon son (c’est le point crucial), filmée sur pied dans une petite salle, ça suffit. L’idéal : 2 à 3 minutes, pas plus.

5. Une fiche technique

Pour les salles équipées, c’est indispensable. Elle doit inclure :

  • Le nombre de musiciens sur scène
  • Le patch (liste des sources sonores)
  • Les besoins en retours
  • Le plan de scène
  • La durée du set

Même si vous jouez en acoustique dans des bars, avoir une fiche technique montre que vous êtes organisé. Et les programmateurs adorent les artistes organisés. On a écrit un guide dédié pour rédiger un rider technique propre.

6. Les dates et références

Listez vos concerts marquants et les lieux où vous avez joué. Pas besoin de tout mettre — sélectionnez les 10-15 dates les plus impressionnantes.

Si vous avez fait des premières parties, mentionnez-les. Si vous avez joué dans des festivals reconnus, mettez-les en gras. C’est de la preuve sociale : ça rassure le programmateur sur le fait que d’autres ont déjà parié sur vous.

7. Vos contacts et réseaux

Ça paraît évident, mais le nombre d’EPK où il faut chercher l’email de contact… Mettez en évidence :

  • Email de booking
  • Numéro de téléphone
  • Liens vers vos réseaux sociaux
  • Votre site web

PDF, page web ou lien : quel format choisir ?

C’est la grande question. Chaque format a ses forces.

Le PDF

Pour : facile à envoyer en pièce jointe ou en lien, fonctionne hors-ligne, rendu maîtrisé. Contre : pas de lecture audio/vidéo intégrée, poids du fichier.

Si vous optez pour le PDF, gardez-le sous 5 Mo. 2-3 pages maximum. Intégrez des liens cliquables vers vos contenus audio et vidéo plutôt que d’alourdir le fichier.

La page web dédiée

Pour : lecteurs audio/vidéo intégrés, toujours à jour, facile à partager. Contre : demande un minimum de compétences techniques ou un outil adapté.

C’est le format le plus efficace aujourd’hui. Le programmateur clique, tout est là : il écoute, il regarde, il lit — sans télécharger quoi que ce soit. Des outils comme Bandzoogle, Wix ou même une simple page sur votre site WordPress font très bien l’affaire.

Le lien partagé (Google Drive, Dropbox)

Pour : rapide à mettre en place. Contre : peu professionnel, organisation parfois chaotique, liens qui expirent.

À éviter si possible. C’est le format “j’ai fait ça vite fait” et ça se voit.

Notre conseil : combinez page web + PDF allégé. Envoyez le lien de votre page EPK dans vos emails de démarchage et gardez le PDF en backup pour les programmateurs qui préfèrent un document à imprimer.

Les erreurs qui plombent un EPK

Trop d’informations. Un programmateur n’a pas le temps de lire 10 pages. Allez à l’essentiel.

Pas de vidéo live. C’est rédhibitoire. Si vous n’en avez pas, filmez votre prochain concert, même avec un setup minimal.

Des liens morts. Vérifiez vos liens régulièrement. Un lien Spotify cassé ou une vidéo YouTube supprimée, c’est un EPK inutile.

Un design daté. Votre EPK de 2019 avec la typo Comic Sans, c’est non. Mettez-le à jour au moins une fois par an.

Aucune preuve sociale. Pas de dates jouées, pas de chiffres, pas de citations presse. Le programmateur n’a aucune raison de vous faire confiance.

La checklist avant d’envoyer

Avant d’intégrer votre EPK dans votre prochain démarchage, passez en revue cette liste :

  • Bio de 3-5 lignes, à jour
  • 2 photos pro (portrait + live), haute résolution
  • Liens musique fonctionnels
  • Vidéo live de moins de 3 minutes, bon son
  • Fiche technique complète
  • 10-15 dates/références marquantes
  • Coordonnées visibles et à jour
  • Poids du PDF sous 5 Mo (si format PDF)
  • Tous les liens testés et fonctionnels

En résumé

Un bon EPK ne fait pas de vous un meilleur musicien. Mais il fait de vous un musicien qu’on a envie de programmer. C’est la différence entre un email qui finit à la corbeille et un email qui débouche sur une date.

Prenez une demi-journée pour le construire proprement. Mettez-le à jour à chaque sortie, chaque concert marquant, chaque nouvelle vidéo. Et surtout, demandez un avis extérieur — un regard neuf repère toujours ce qui manque ou ce qui est en trop.

Votre musique mérite d’être entendue. Donnez-lui un emballage à la hauteur.

Un EPK n’est qu’un maillon de la chaîne booking. Pour la vue d’ensemble (positionnement, ciblage des lieux, démarchage, relances, négociation, admin, fidélisation), le guide du booking DIY déroule toute la mécanique. Et un EPK propre est la condition d’entrée pour viser les SMAC et les centres culturels / saisons culturelles municipales, qui ne lisent pas les dossiers bricolés.