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28 mai 2026 — Jérémy D.

Démarcher un programmateur par téléphone : le guide (avec scripts)

Vous avez envoyé votre email il y a deux semaines. Puis une relance. Silence radio. Le programmateur n’a rien contre vous : il a juste 200 mails non lus et le vôtre s’est noyé dans la masse. C’est précisément là que le téléphone devient votre meilleure arme.

Appeler fait peur. On a tous la trouille de déranger, de bafouiller, d’essuyer un « non » sec. Mais un appel bien préparé vous fait passer devant tous ceux qui se contentent d’emails. En trente secondes de voix, vous existez d’une manière qu’un mail n’obtiendra jamais. Voici comment le faire sans stresser, script à l’appui.

Une personne détendue, prête à passer un appel Décrocher son téléphone, c’est sortir du lot. La plupart des musiciens n’osent pas, c’est votre avantage.

Pourquoi le téléphone marche (quand l’email échoue)

L’email est parfait pour présenter un dossier, partager des liens, laisser une trace. Mais il a un défaut : il est facile à ignorer. Le téléphone, lui, crée un contact humain immédiat qui change la donne :

  • Vous passez la barrière de l’inbox. Là où votre mail attend dans une pile, votre voix obtient une réponse dans l’instant.
  • Vous créez une relation. Un programmateur qui vous a eu au téléphone se souvient de vous. Votre prochain mail ne sera plus celui d’un inconnu.
  • Vous obtenez une vraie info. « On est complets jusqu’en septembre », « envoyez-moi plutôt ça en juin », « ce n’est pas notre style » : en deux minutes, vous savez où vous en êtes, au lieu d’attendre une réponse qui ne viendra pas.
  • Vous montrez que vous êtes sérieux. Décrocher son téléphone, c’est un effort que peu font. Ça se remarque.

Le téléphone ne remplace pas le mail de démarchage : il le complète. La combinaison gagnante, c’est souvent mail → relance → appel.

Avant d’appeler : la préparation qui enlève le stress

Le stress de l’appel vient presque toujours d’un manque de préparation. Réglez ça en amont et l’appel devient simple.

  • Sachez à qui vous parlez. Le nom de la personne, son rôle, le lieu, sa programmation récente. Appeler en disant « bonjour, c’est à quel sujet la programmation ? » vous grille immédiatement. Trouver le bon interlocuteur est un préalable : voyez trouver le contact direct d’un programmateur.
  • Ayez votre pitch en tête, pas sous les yeux. Lire un texte s’entend. Connaissez vos trois phrases clés et improvisez le reste.
  • Préparez vos infos pratiques. Vos dispos, votre zone, votre format, votre lien d’écoute prêt à envoyer juste après.
  • Choisissez le bon moment. Évitez le lundi matin, le vendredi soir, l’heure du déjeuner et le coup de feu d’avant-concert. Milieu de matinée ou milieu d’après-midi, en milieu de semaine, c’est l’idéal.
  • Ayez votre bio courte en tête : vous devez pouvoir situer votre projet en une phrase.

Et surtout : acceptez que ce ne soit pas grave. Un appel raté ne coûte rien. Le pire qui puisse arriver, c’est un « non », la même réponse que le silence d’un email, mais en plus rapide.

Le script d’appel (à adapter, pas à réciter)

Voici une trame d’appel qui fonctionne. Le but n’est pas de la lire mot à mot, mais d’en garder la structure.

Vous : « Bonjour, je suis [Prénom Nom] du groupe [Nom]. Est-ce que je tombe bien, vous avez deux minutes ? »

(Vous demandez la permission. Ça désamorce tout et ça respecte la personne.)

Vous : « Je vous appelle parce qu’on est un groupe de [style] de [ville], et qu’on aimerait beaucoup jouer chez vous. J’ai vu que vous aviez programmé [artiste / type de soirée], et notre univers s’inscrit dans cette ligne. »

(Vous montrez que vous connaissez le lieu. Crucial.)

Vous : « Je vous envoie tout par mail bien sûr, mais je préférais vous appeler en direct. Quelle est la meilleure manière de vous proposer une date ? »

(Vous laissez le programmateur vous guider sur SA façon de travailler.)

Court, poli, sans pression. Vous ne « vendez » pas en force : vous ouvrez une porte et vous écoutez. La plupart du temps, le programmateur vous dira comment et quand le recontacter, ce qui est déjà une victoire.

Échange convivial entre plusieurs personnes autour d'une table Un appel n’est pas un argumentaire de vente. C’est une conversation : vous posez le contact, vous écoutez, vous proposez.

Gérer les objections sans paniquer

Vous tomberez sur des réponses qui peuvent déstabiliser. Préparez-les, et elles deviennent faciles.

  • « On ne programme pas en ce moment. » → « Pas de souci, quel serait le bon moment pour revenir vers vous ? » Vous repartez avec une date de relance précise.
  • « Envoyez-moi un mail. » → « Avec plaisir, je vous envoie ça aujourd’hui. Je peux le mettre à votre attention personnelle, [Prénom] ? » Vous obtenez le bon contact et un mail attendu.
  • « Ce n’est pas notre style. » → « Je comprends, merci de votre franchise. Vous auriez une salle en tête qui collerait mieux à ce qu’on fait ? » Une objection peut devenir une recommandation.
  • « On n’a pas de budget. » → C’est le moment d’écouter avant de répondre. Parfois c’est vrai, parfois c’est une entrée en négociation. Ne bradez pas dans la panique.

Le principe : chaque objection est une information, pas un échec. Vous remerciez, vous rebondissez, vous notez. Un « non » clair vaut mieux qu’un silence.

Le réflexe d’après-appel

L’appel ne s’arrête pas quand vous raccrochez. Deux gestes immédiats :

  1. Envoyez le mail promis dans la foulée, tant que la conversation est fraîche. Rappelez l’appel en première ligne : « Suite à notre échange téléphonique de ce matin, voici… ». Votre mail atterrit alors comme un message attendu, pas comme un inconnu de plus.
  2. Notez tout dans votre fichier de booking : qui, quand, ce qui s’est dit, quand relancer. Un appel non noté est un appel à moitié perdu.

C’est cet enchaînement (appel, mail de confirmation, suivi) qui transforme un coup de fil en date. Et c’est l’une des compétences qu’on travaille en détail dans la Méthode Indy-Booking, parce que savoir décrocher son téléphone reste l’un des plus gros écarts entre les artistes qui jouent et ceux qui attendent.

Pour vous lancer, il vous faut une liste de lieux avec les bons numéros à composer.

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En résumé

  • Le téléphone complète l’email : il passe la barrière de l’inbox et crée une relation
  • Préparez tout (interlocuteur, pitch, dispos, bon créneau horaire) : le stress vient du manque de préparation
  • Suivez un script en trois temps : demander la permission, montrer qu’on connaît le lieu, laisser guider
  • Chaque objection est une info : remerciez, rebondissez, notez
  • Enchaînez par le mail promis dans la foulée et la fiche dans votre fichier de booking
  • Acceptez qu’un appel raté ne coûte rien : le pire, c’est un « non » rapide

Décrocher son téléphone, c’est inconfortable au début. Mais c’est précisément parce que c’est inconfortable que ça marche : pendant que les autres attendent une réponse à leur mail, vous avez déjà parlé au décideur. Faites trois appels cette semaine. Le quatrième vous semblera facile.

Questions fréquentes

Faut-il appeler ou envoyer un email à un programmateur ?
Les deux, dans l'ordre. L'email présente votre dossier et laisse une trace ; le téléphone passe la barrière de l'inbox et crée une relation. La combinaison gagnante est souvent mail → relance → appel. Le téléphone est particulièrement efficace quand vos emails restent sans réponse.
Quel est le meilleur moment pour appeler un programmateur ?
Milieu de matinée ou milieu d'après-midi, en milieu de semaine. Évitez le lundi matin, le vendredi soir, l'heure du déjeuner et le coup de feu d'avant-concert. Commencez toujours par demander si la personne a deux minutes : ça respecte son temps et désamorce la conversation.
Que dire quand on appelle un programmateur ?
Suivez une trame en trois temps : demandez la permission (« vous avez deux minutes ? »), montrez que vous connaissez le lieu (citez un artiste ou une soirée qu'il a programmés), puis laissez-le vous guider (« quelle est la meilleure manière de vous proposer une date ? »). Restez court et poli, n'essayez pas de vendre en force.
Comment réagir à un refus au téléphone ?
Traitez chaque objection comme une information. « On ne programme pas en ce moment » → demandez le bon moment pour revenir. « Ce n'est pas notre style » → demandez une recommandation de lieu. « Envoyez un mail » → obtenez le contact personnel. Vous remerciez, vous rebondissez, vous notez : un non clair vaut mieux qu'un silence.
Que faire juste après l'appel ?
Envoyez le mail promis immédiatement, tant que la conversation est fraîche, en rappelant l'échange en première ligne pour qu'il soit attendu. Puis notez tout dans votre fichier de booking : interlocuteur, contenu de l'échange, date de relance. Un appel non suivi d'un mail et d'une fiche est un appel à moitié perdu.